28.09.2007

Capacité à vivre sa solitude sans s'en rendre compte : schizoïdie

Un livre que l'on a enterré :

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"Exil Intérieur : Schizoïdie et Civilisation", 1975, Roland Jaccard

1. Son propos : "Par nos relations sociales, nous vivons une espèce de coït sans cesse interrompu. Nous côtoyons l'autre mais ne le rencontrons jamais."

Et l'auteur de comparer les anciennes civilisations, (Louis XIV que l'on regardait déféquer...)
avec notre civilisation moderne et schizoïde. ( bien qu'alors sans portable ni pc.. )

Roland Jaccard a eu l'idée de faire ce livre lors d'un voyage en train : tout le monde se regarde, personne ne se parle, chacun se fait ses discours intérieurs...



2. Quatrième de couv : "ce livre a marqué une génération de lecteurs"...

J'ai mailé pas mal de psycho-quelquechoses en leur demandant des suggestions de lecture
pour questionner cette pensée de Mr Jaccard.

Mais ils n'ont rien.

Nada.

Ah si il y en a un qui me dit se souvenir que ce bouquin a fait parler de lui dans son université,

Mais il ne l'a jamais lu.


Et aucun de mes correspondants ne me dit être intéressé par cette lecture,

Aucun ne le lira pour me donner son avis.


Bref, les psycho-experts, ils s'en foutent.



Ça me fait encore penser à Jean-Pierre Petit, Jean-Marc Moreau (utopiatech) et compagnie :

La science, à force de se mettre des oeillières, est mal barrée...

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Pour revenir dans le sujet du livre, voici quelques pistes pour penser la schizoïdie à l'heure des nouvelles technologies :

« Là comme ailleurs, les clients dînaient le portable à l’oreille, chacun dans son univers, assourdissants. C’est comme les transports en commun, me disais-je, il suffit de les prendre pour être assailli par les conversations gueulées à des interlocuteurs invisibles, les gens alentour ignorés, niés, réduits en cendres, toutes frontières abolies entre les espaces public et privé à la manière des régimes totalitaires, éventrés que nous sommes par les sons d’autrui, ouverts aux quatre vents, attaqués de tous côtés, fourragés sans pitié, perforés de part en part. Paradoxe de l’individualisme, on ne disposait plus de périmètre infrangible, d’un quant-à-soi étanche, la collectivité s’imposait sans sauvegarde possible (...). Elle finissait par m’excéder, moi, cette utilisation tous azimuts des téléphones portables, à pied, en voiture, à vélo, en rollers, au lit, aux W.-C., même au spectacle, quasi un nouvel organe. Tous ces gens à déblatérer en public, chacun enfermé dans son monde comme des petits sapins en plastique sous les flocons dans leur globe. »
Jean-Michel Delacomptée, La vie de bureau.

(Ces citations sont extraites de http://www.peripheries.net/article32.html )

Et pour ceux qui pensent que le portable ou internet permet la connaissance de l'autre :

« Selon Erving Goffman, quand deux personnes sont en présence l’une de l’autre, elles échangent deux types d’informations : celles qu’elles donnent et celles qui leur échappent. D’après lui, dans une rencontre réelle, ce sont les informations qui échappent aux gens qui sont essentielles, et non celles qu’ils donnent volontairement. Les informations que les gens laissent échapper malgré eux, si l’on peut dire, dépendent beaucoup de la façon dont ils utilisent leur corps (voix, yeux, posture), ce qui veut dire qu’une grande partie de nos interactions sont une sorte de négociation entre ce que nous contrôlons consciemment et ce qui échappe à notre contrôle. Cet écart, dans les interactions corporelles, entre ce que nous disons, l’image que nous voulons donner de nous-mêmes, et ce qui échappe à notre contrôle, veut dire qu’il est difficile de décrire les aspects les plus importants de notre moi à l’aide de mots, étant donné que c’est précisément ce dont nous ne sommes pas conscients qui a le plus de chances de produire une impression significative sur la personne que nous rencontrons. »
Eva Illouz, « Réseaux amoureux » (étude sur les sites de rencontre en ligne), in Les sentiments du capitalisme.


Il faut également penser à l'hyper-individualisme du 'philosophe' Gilles Lipovetsky. (1983) Le succès de ce discours n'est pas anodin : on le comprend, on le ressent.

Ou même au récent "dissociété" de Jacques Généreux (2006) :

" La «dissociété» est une société qui réprime ou mutile le désir d’«être avec» pour imposer la domination du désir d’«être soi». "

(Le site de l'auteur http://dissociete.fr )


Bref, on a pas fini d'entendre parler d' Exil Intérieur, même si personne ne cite Devereux ou Jaccard.

17.09.2007

Les marges ne s'aident ni ne s'aiment (assez).

Ce blog le montrera et fera état de tentatives de coopération.

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Par exemple est-ce que le scientifique Jean-Pierre Petit pourra être publié dans un journal anarchiste ?

Mission 1 activée.



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1/ Documentaires et vidéos que vous apprécierez.
Entre autres " The Corporation " avec Noam Chomsky
" Surplus " d'Addbusters ou
" The Take " de Naomi Klein
" Romper el cerco " sur la révolte méxicaine en mai 2006
"the revolution will not be televised" sur le coup d'etat venezuelien d'avril 2002





MISE À JOUR 3 octobre 2007 : No Pasaran ne m'a pas répondu. A noter que S!lence avait refusé cet article de JPP : trop long, trop personnel, sujet scientifique décousu du ton global de la revue -peu attendu du public.