13.10.2007
La face cachée d'Einstein. Mise en relief par Thomas Jefferson et Chomsky

1.
Einstein s'inquiétait pour nos "démocraties" !
En gros,
" L'oligarchie de capitalistes ne peut être refrénée, pas même par une société qui a une organisation politique démocratique ! "
Rien que ça,
Si, si.
En demi-détail,
Albert Einstein, 1949, pour la revue américaine Monthly Review :
" Le possesseur des moyens de production est en état d’acheter la capacité de travail de l’ouvrier. En se servant des moyens de production, l’ouvrier produit de nouveaux biens qui deviennent la propriété du capitaliste. Le point essentiel dans ce processus est le rapport entre ce que l’ouvrier produit et ce qu’il reçoit comme salaire, les deux choses étant évaluées en termes de valeur réelle. Dans la mesure où le contrat de travail est "libre", ce que l’ouvrier reçoit est déterminé, non pas par la valeur réelle des biens qu’il produit, mais par le minimum de ses besoins et par le rapport entre le nombre d’ouvriers dont le capitaliste a besoin et le nombre d’ouvriers qui sont à la recherche d’un emploi.
Le capital privé tend à se concentrer en peu de mains, en partie à cause de la compétition entre les capitalistes, en partie parce que le développement technologique et la division croissante du travail encouragent la formation de plus grandes unités de production aux dépens des plus petites.
Le résultat de ces développements est une oligarchie de capitalistes dont la formidable puissance ne peut effectivement être refrénée, pas même par une société qui a une organisation politique démocratique.
Ceci est vrai, puisque les membres du corps législatif sont choisis par des partis politiques largement financés ou autrement influencés par les capitalistes privés qui, pour tous les buts pratiques, séparent le corps électoral de la législature.
La conséquence en est que, dans le fait, les représentants du peuple ne protègent pas suffisamment les intérêts des moins Privilégiés.
De plus, dans les conditions actuelles, les capitalistes contrôlent inévitablement, d’une manière directe ou indirecte, les principales sources d’information (presse, radio, éducation). Il est ainsi extrêmement difficile pour le citoyen, et dans la plupart des cas tout à fait impossible, d’arriver à des conclusions objectives et de faire un usage intelligent de ses droits politiques.
(...)
Le progrès technologique a souvent pour résultat un accroissement du nombre des chômeurs plutôt qu’un allégement du travail pénible pour tous.
(...)
La compétition illimitée conduit à un gaspillage considérable de travail et à la mutilation de la conscience sociale des individus dont j’ai fait mention plus haut.
Je considère cette mutilation des individus comme le pire mal du capitalisme. Tout notre système d’éducation souffre de ce mal. Une attitude de compétition exagérée est inculquée à l’étudiant, qui est dressé à idolâtrer le succès de l’acquisition comme une préparation à sa carrière future.
Je suis convaincu qu’il n’y a qu’un seul moyen d’éliminer ces maux graves, à savoir, l’établissement d’une économie socialiste, accompagnée d’un système d’éducation orienté vers des buts sociaux. (...) L’éducation de l’individu devrait favoriser le développement de ses facultés innées et lui inculquer le sens de la responsabilité envers ses semblables, au lieu de la glorification du pouvoir et du succès, comme cela se fait dans la société actuelle. "
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2.
Je me permets de répéter le passage clé qui ne fera mentir ni Jefferson ni Chomsky ni Jonhson :
"Le résultat de ces développements est une oligarchie de capitalistes dont la formidable puissance ne peut effectivement être refrénée, pas même par une société qui a une organisation politique démocratique."
Déjà Thomas Jefferson -et vous le savez- s'inquiétait :
" I believe that banking institutions are more dangerous to our liberties than standing armies.
Already they have raised up a monied aristocracy that has set the government at defiance.
The issuing power should be taken from the banks and restored to the people to whom it properly belongs. "
" I hope we shall crush in its birth the aristocracy of our monied corporations which dare already to challenge our government to a trial by strength, and bid defiance to the laws of our country. "
Chomsky :
" L'institution la plus totalitaire de l'histoire de l'homme -ou presque - c'est probablement une multinationale : c'est une institution gérée par un pouvoir central dans laquel le schéma de l'autorité suit un ordre rigoureux du haut vers le bas.
(..) Ces entreprises sont des conglomérats de pouvoir gigantesque, un pouvoir (...) qui échappe presque totalement au contrôle publique et à la participation populaire. " Page 159, Comprendre le pouvoir, T2. Il cite d'ailleurs Thomas Jefferson au milieu de la citation que je vous ai transmis ici.
Lyndon B. Johnson avoua son rôle de marionnette, sa faible marge de manoeuvre :
" Being president is like being a jackass in a hailstorm. There's nothing to do but to stand there and take it. "
3.
Finalement, " The natural progress of things is for liberty to yield and government to gain ground. " D'où la nécessité, bien comprise par Thomas Jefferson et Abraham Lincoln, de la révolte :
" Le silence devient un péché lorsqu'il prend la place qui revient à la protestation et, d'un homme, il fait alors un lâche. "
Voilà pourquoi nos populaces méprisables (i.e "racailles" selon le Petit Robert) chères à Sarkozy sont inestimables.
Nous oublions trop facilement que la révolte est un devoir du citoyen,
Un devoir qui,
quand on connaît la gueule de nos prisons,
est dur à assumer.
00:20 Publié dans Démocraties ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : BEST OF
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