04.02.2008
Critiques du "milieu scientifique". Qu'est-ce que le milieu scientifique ? Fonctionnement ? Témoignages. Pamphlets. Les intellectuels sont les responsables. Normand Baillargeon, Claude Guillon, Marcel Locquin.

"Le temps de la lâcheté" par JP Petit.
"Pourquoi démissionner de l'université ?" par Xavier Dunezat.
"Pourquoi j'ai quitté le CEA" 2006. Chez les grenoblois PMO. Article repris par le journal S!lence.
Via PMO également :
"Quand des scientifiques parlent à PMO"
"Rien ne va plus en physique !" de Lee Smollin, commenté par Jean Zin, par Jean-Pierre Petit.
Noam Chomsky explique dans "comprendre le pouvoir" que faire l'intellectuel est plus facile que de savoir réparer des voitures et éplucher leurs manuels. Voir également ses citations sur l'education.
Pour finir, un pamphlet sur la vie de bureau dans lequel l'employé scientifique que vous êtes pourrait se reconnaître :
"Morts de peur. La vie de bureau" par Teodor Limann, polytechnicien cadre dirigeant dans une grande entreprise.
88 petites pages, 1h30 de lecture. Cher : 12 €. Octobre 2007
Il m'inspire ce proverbe :
"Qui a sa bibliothèque pleine ne lit pas de pamphlet."
Il remplacera dans la joie Essais fumeux et Apologies emmerdantes.
Résumé :
Le cadre dirigeant d'une grande entreprise française dénonce les dérives de l'entreprise et de la vie de bureau : la parcellisation des tâches, l'ennui, la médiocrité du travail, l'archaïsme des relations sociales, etc.
Quatrième de couverture :
Il y a des jours où la vie de bureau donne irrésistiblement envie d'aller vendre des beignets sur la plage, de partir alphabétiser le tiers-monde, ou d'investir toute son épargne dans une bergerie. Ce livre n'est pas fait pour vous en dissuader.
Occupant une fonction prestigieuse au sein d'une des plus grandes entreprises françaises que certains reconnaîtront peut-être, l'auteur nous introduit à la vie de bureau : les petites péripéties érigées en affaires d'État, le double discours omniprésent, atteignant parfois des sommets comme au sujet des 35 heures, le sérieux affecté des cadres qui se «surbookent» eux-mêmes et qui, de sandwichs avalés en nocturnes fébriles, ne voient pas derrière cette vie essoufflée se dessiner l'enfer...
Il faut battre en brèche l'idée selon laquelle l'entreprise serait régie par des lois scientifiques ou par un déterminisme naturel car tout y est affaire de choix, de politique et de morale.
L'auteur représente cette nouvelle génération de trentenaires, prêts à tout pour échapper au costume-cravate et n'être, comme il le dit lui-même, «jamais directeurs de rien».
L'auteur est polytechnicien cadre dirigeant dans une grande entreprise.
Ci-dessous 2 critiques puis quelques extraits :
David Larousserie. Monde diplo :
Jeune cadre dirigeant d'une grande entreprise, Teodor Limann (un pseudonyme) témoigne de son ras-le-bol professionnel et de son envie de tout arrêter pour investir dans une bergerie ou vendre des beignets ! Il décrit avec un mélange d'ironie et d'acidité une vie de bureau assez terrifiante. Là où l'entreprise se présente comme rationnelle, efficace voire humaine, l'auteur nous apprend que les cadres s'ennuient, qu'ils remplissent des tâches inutiles, qu'ils ne s'interrogent pas sur le sens de leur action. Pis, si ces âmes tristes ne se révoltent pas, c'est qu'elles vivent dans la peur et la paranoïa. Peur du patron bien sûr, ou de perdre son emploi, mais aussi peur plus intime de ne pas être à la hauteur... Au long des pages, l'auteur, qui avoue une certaine dépolitisation, découvre une réalité dont plusieurs travers ont été dénoncés de longue date par les critiques de l'économie de marché (vices de la concurrence à outrance, irresponsabilité sociale des dirigeants, mesures de moralisation en trompe-l'œil...). Cette lucidité acerbe venue de la base aura-t-elle des effets subversifs insoupçonnés ?
Denis Clerc. Alternatives Economiques :
Un régal, cette petite chronique désabusée de la vie de bureau des cadres d'entreprise. Une vie où le temps est rempli de mille riens ou de pas grand-chose, où règne l'ennui dans les "gros appareils bureaucratiques", où chacun cherche à fayoter tout en tirant au flanc, mais où, malgré tout, l'entreprise, "avare de son argent, prodigue de notre temps" , exige que vous vous donniez corps et âme.
Ce monde de l'entreprise moyenne ou grosse, l'auteur nous le décrit comme stérilisant, sorte de "fascisme doux" où s'imposent le conformisme du langage, mais aussi le culte de l'intelligence sans âme, la soumission et, omniprésente, la peur. Des autres, du patron, "peur continuelle de paraître idiot en réunion, peur de l'avenir et, bien entendu, peur de perdre son emploi". Une crainte entretenue par les audits et les reporting, par les restructurations, les "fusacq" (lire fusions et acquisitions) et les "nouveaux rois [que sont] les bouchers désosseurs en costume rayé".
L'auteur esquisse une critique morale du capitalisme qui est arrivé à nous faire croire que les biens valaient mieux que les liens et que l'épanouissement de la vie résidait dans la consommation, guide suprême du bonheur. Ce petit livre, merveille d'écriture, se lit vite et se médite longtemps. A offrir à tous les cadres...
Quelques extraits :
"La nuit tombe sans que l'on s'en rende compte et nous ne percevons plus du monde extérieur que les bruits étouffés de la circulation. Comme les cellules capitonnées réservées aux fous, les bureaux absorbent les manifestations de la vie, les rendant même incongrues et suspectes.
(...) Internet, machines à café et Stabilo (jaune) ... La vie-de-bureau constitue une expérience sociale et sensorielle à part entière, avec ses objets fétiches, sa part clandestine et les règles tacites encadrant les petits larcins que l'on s'autorise à commettre contre ce que notre employeur nous prend de plus précieux : notre temps."
"il paraît que le temps c'est de l'argent. [...] la lenteur et l'ennui sont l'essence même de la vie de bureau." p13.
" à défaut de recharger nos revolvers, nous rechargeons d'inoffensives agrafeuses." page 27
" l'externalisation présente maints avantages, y compris celui de se laver les mains de leurs problèmes. Argent et consciences, l'entreprise blanchit tout. " P55.
" Étrangement, la paranoïa désigne à la fois une pathologie psychiatrique grave et un trait de caractère, seulement agaçant, dont on peut être amené à faire le reproche gentiment, tout en l'excusant immédiatement, voire en le valorisant implicitement (ce qui n'est pas vrai, notons-le, de la schizophrénie" par exemple). " Page 57
" Encore une fois, l'ingrédient essentiel [...] est la peur." Page 67.
" La condition du bonheur repose dans le silence des organes " Dans les derniéres pages.
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Si vous voulez une critique se désirant plus constructive : Jacques Testart.
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Les intellectuels sont les responsables.
Normand Baillargeon dans Les chiens ont soif :
Sa thèse, page 20: Si j'ai raison en cela, [...] il s'ensuit aussi que, dans une substantielle mesure, une bonne part de la vie intellectuelle ne s'élève pas au niveau des amateurs de sport.
page 24 :
"L'endoctrinement auquel nous sommes soumis s'oppose à toute conception d'un autre ordre social et politique. Nos actions et nos revendications tendent dès lors à se faire réformistes, à se contenter de ne viser qu'un aménagement des circonstances et des institutions dans lesquelles nous vivons. [
L’effet Chomsky ou l’anarchisme d’État ]
L'économie participative nous rappelle avant tout qu'on peut aller plus loin, qu'il est légitime de penser qu'une transformation radicale des circonstances et des institutions est à la fois possible et souhaitable. Ce modèle nous apprend ainsi à penser par delà le cercle étroit de ce que la propagande nous permet d'envisager. On finit par redécouvrir cette précieuse vérité que, malgré ce qui nous est sans cesse dit et répété à satiété, l'ordre économique actuel n'a rien de nécessaire, qu'il est une construction sociale, historique et politique. La leçon est précieuse."
.
Page 21 :
George Orwell a écrit quelque part qu'un animal bien dompté saute dans le cerceau dès que claque le fouet, mais qu'un animal parfaitement dompté n'a plus besoin du fouet. Un intellectuel bien éduqué n'a donc pas besoin de se faire rappeler qu'il y a des sujets dont il ne convient pas de parler.
Page 22 :
les intellectuels sont la première cible de la propagande que sécrète notre monde, et ils remplissent parfaitement la fonction que les institutions dominantes leur confie en détournant l'attention du public des véritables enjeux qui le concernent, en le privant des moyens de se défendre, en aidant à formuler et à articuler les consensus des puissants. Les intellectuels en retirent de grands avantages en termes de prestige, de distinctions, de pouvoir, d'argent et ainsi de suite.
Il rapporte une citation de Noam Chomsky en page 19:
« A une minorité privilégiée, les démocraties occidentales offrent le loisir, les ressources ainsi que la formation permettant de rechercher la vérité derrière le voile des distorsions et des fausses représentations, de l'idéologie et des intérêts de classe à travers lesquels les événements de l'histoire qui se déroule nous sont présentés. La responsabilité des intellectuels, dès lors, est plus profonde que ce que Dwight Macdonalds appelle les responsabilités du peuple, compte tenu de ces privilèges uniques dont les intellectuels jouissent. Il est de la responsabilité des intellectuels de dire la vérité et de débusquer les mensonges. », American Power and the New Mandarins, 1969, p. 257.
« Je ne me lasse pas de répéter que le scientifique a la responsabilité absolue de s'exprimer clairement sur les sujets qu'il connaît, sur ceux qu'il analyse et qui peuvent affecter le progrès social. » CITATION de Federico MAYOR Directeur général de l'UNESCO extraite d'un livre de 1996-98, rapportée par Marcel Locquin.
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Écrits de Marcel Locquin. Extraits.
EN GUISE DE CONCLUSION
- Je laisse maintenant la parole à ELSINOÉ, mon jumeau informatique, que j'ai développé pendant quarante ans. Il contient, corellés et cohérés par les phonèmes archétypaux, la structure fondamentale du langage articulé humain. Il l'exprime en langue française au niveau moyen d'expression d'un ingénieur ou d'un technicien maîtrisant dix mille phrases hors sa langue de spécialité. Le tout est piloté par le logiciel quantique TRACTATUS, qui le met en relation avec la structure mentale commune de l'ensemble des occidentaux dont je fais partie. ELSINOÉ est beaucoup plus performant que nous car il n'a ni états d'âme, ni préférences idéologiques, ni intérêts financiers et il ne pratique aucune auto-censure.
A la question: que je lui ai posée le 29 juillet 1998, "Quel sera l'avenir de notre planète", en moins d'une seconde ELSINOÉ a répondu: "Notre planète évoluera, pilotée par des hommes de prestige, qui sauront dans quel sens ils veulent la faire évoluer. Ils agiront sous la pression de la base en visant haut, en dépit des nuisances à l'environnement que l'on peut deviner. Il y a en ce moment une bonne aptitude à agir. Que ceux qui le veulent se tiennent en liaison constante. L'idéal auquel se réfère l'homme est maintenant dépassé, mais passionellement cela ne lui pose pas de problèmes. L'évolution actuelle est le fait d'hommes peu responsables, ayant des réactions grossières.
En définitive nous devons accroître nos connaissances pour que, dans l'avenir, le développement soit de bon aloi, avec cependant, lors de la mise en mouvement des tiraillements provenant d'indisciplinés sociaux".
J'ai commencé par rapporter sa conclusion finale dans le soucis de suivre ses recommandations.
QUESTIONS - RÉPONSES par Marcel Locquin : sur l'ÉVOLUTION des POPULATIONS, des LANGUES et des CULTURES et Questions culturelles d'actualité.
Consulter l'article libre racontant le mot acculturation pourrait ensuite être agréable, pour décrocher.
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Humanisme, Spiritualité, Transcendance. Via une loge maçonnique :
23:10 Publié dans Sciences | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : libertaire, anarchiste, chomsky, science
09.10.2007
Chomsky, langage et 11 septembre. Vrac

Note : Je glisse du Chomsky parmi quelques citations de l'excellent article : http://dissidence.libre-octet.org/apprendre/langage.html
1. Diviser pour régner ?
Pascal Clément, garde des sceaux, Le canard enchaîné, 9/11/2005.
« Je souhaite que nous puissions adresser un message clair aux Français d'une part, aux délinquants d'autre part. »
Nicolas Sarkozy, 12 mars 2006, cité dans en page 2 du Canard enchaîné (n°4455, 15 mars 2006) :
« S’il y avait connexion entre les étudiants et les banlieues, tout serait possible. Y compris une explosion généralisée et une fin de quinquennat épouvantable. »
Chomsky, comprendre le pouvoir, T2, p33 :
" Toute l'histoire du contrôle sur le peuple se résume à cela : isoler les gens les uns des autres, parce que ainsi on peut leur faire croire n'importe quoi. "
2. Chomsky et ses opinions déformées ?
"Les journalistes sont des spécialistes de la diffamation, ce sont fondamentalement des "commissaires politiques", des directeurs idéologiques.(...) Le boulot des intellectuels du courant dominant, c'est de servir de "clergé laïque", de s'assurer du maintient de la foi doctrinale. (...) C'est ce que faisait le clergé : guetter et traquer l'hérésie. Et lorsque les sociétés sont devenues plus laïques aux 18e et 19e siècles, les mêmes contrôles sont restés nécessaires : les institutions devaient continuer à se défendre. (...) Cette responsabilité a été transférée vers la classe intellectuelle - être les gardiens de la vérité politique sacrée, (...)." P185 et 187
Chomsky ?
"Il faut commencer par comprendre comment fonctionne le monde : le monde ne récompense pas l'honnêteté et l'indépendance, il récompense l'obéissance et la servilité." p194.
Bourdieu ?
" ... les euphémismes du discours orthodoxe (« les gens simples », les « classes modestes ») désignent bien la propriété essentielle, la soumission à l’ordre établi. » [Ce que parler veut dire : L'économie des échanges linguistiques, Pierre Bourdieu, 1982, Editions Fayard. p.156]
3. Faire perdre l'espoir ?
Pour Roland Barthes, le mythe ("on ne peut rien y faire") opère une « privation d’Histoire », qu’il explicite en ces termes : « Le mythe prive l’objet dont il parle de toute histoire. (…) il n’y a plus qu’à jouir sans se demander d’où vient ce bel objet. Ou mieux : il ne peut venir que de l’éternité. (…) il n’y a plus qu’à posséder ces objets neufs, ont on a fait disparaître toute trace salissante d’origine ou de choix »
Mythologies, R. Barthes, 1957, points Seuil, p.225.

4. Théorie du complot ?
Dix-neuf musulmans d'Al-Quaïda qui détournent des airbus pour s'écraser dans une tour, c'est bien une théorie du complot.
Scientifiquement, une théorie ne vaut pas mieux qu'une autre avant de se soumettre aux faits, à l'expérience.
-> Les deux tours qui s'effondrent, sans aucune résistance, après un feu. Où est la structure ? Pompier et explosions, contrats d'assurance et mouvement de fonds..
-> A l'écart, le bâtiment WTC7 s'effondre, sans aucune résistance qui plus est.
-> Procédures illégales extrêmement rapides pour vider les preuves. Aux Pentagone et WTC.
En fait l'histoire américaine est très violente. Penchez-vous sur l'opération CoIntelPro, révélée entre autre grâce aux efforts juridiques de Paul Wolf. Moongoose, MK-Ultra, ...
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